Il y a, dans ma peinture, je crois, comme une urgence.

Urgence des traits en mouvement qui surgissent, qui se cherchent, qui se croisent, qui s'entrecroisent pour donner forme et force à une autre, à un autre qu’ils soient corps ou visage. Ma peinture de femme comme un corps à corps, comme un face à face.

Il y a, dans ma peinture, je crois, comme une lutte.

Une tentative de suggérer sans tout dévoiler, de laisser des traces sans tout figer, de montrer sans rien imposer, d’accepter de me laisser peindre dans ce fragile équilibre entre intentionnalité et lâcher prise.

Il y a, dans ma peinture comme une aspiration.

Aspiration à l'émerveillement des couleurs nées de la rencontre féconde et inattendue des encres colorées. Aspiration aux techniques mixtes mêlées (acryliques, encres, craies, fusain, collages).

Il y a, dans ma peinture comme un apprivoisement

Un hommage aux artistes, aux créateurs, aux sculpteurs, aux dessinateurs, aux poètes, aux photographes, aux écrivains, aux musiciens, aux arbres, aux nuages, aux chemins, aux couleurs, aux bleus, aux êtres qui nourrissent et fécondent ma géographie intérieure.

 Il y a, enfin, dans cette exposition «Et le trait deviendra souffle» des désirs en chemin:

Il y a, le désir et le besoin d'une cohabitation plus ou moins confrontante dans mes propositions picturales de diptyque ou triptyque entre un espace figuratif et un espace abstrait. J’ai choisi de donner à voir, de mettre en scène ce qui me touche le plus, au plus près de ma subjectivité, de mon histoire, de mon identité féminine.

 Il y a, le désir rêvé d’une possible rencontre entre mes peintures et les regardeurs pour esquisser une respiration partagée, une amorce, un petit bout d’histoire à deux ou plus, un pas de danse, un partage d'émotions.

 Il y a, enfin, pour moi, un chemin à poursuivre, pour continuer à jouer, à explorer, à expérimenter vers des traits, des souffles plus denses, plus aériens et plus libres.